Ce frère-là

Paru en mars 2010 aux Editions Joëlle Losfeld

Une écriture magnifique. (L’Avenir)

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Septembre 2005 : la narratrice se prépare à assister à l’enterrement de son frère, un guitariste classique dont elle était très proche. Elle se remémore alors les scènes familiales, cruelles ou tendres, qui ont été les moments décisifs de leurs vies. Les terreurs de l’enfance, la dure réalité de l’amour et de l’amitié sont autant de souvenirs intenses qui dessinent le relief imparfait, unique et terriblement précieux d’une existence.

Extrait

Avec les oranges, tout s’arrange : il le clamait à intervalles réguliers de sa voix imparfaite. Cette phrase et d’autres peut-être moins abouties au sujet des abricots et des raisins, alors que le soleil frappait nos têtes pensives en contrebas des marches de l’église et obligeait les plus âgés ou les plus sensibles à se tenir en retrait, dans l’ombre odorante du mur. Tandis que d’autres au contraire s’avançaient avec curiosité vers la lumière, s’approchaient comme malgré eux de l’étal du vendeur qui continuait à s’époumoner sans égard pour notre peine. Notre peine immense à tous quoiqu’on ait pu en dire les jours qui ont précédé et les jours qui ont suivi, et je regardais ces membres de ma famille que je n’avais jamais vus hormis dans des circonstances comparables.

Le secret du peintre Ostende

Août 2001, Editions Gallimard, Collection Haute Enfance

Anne-Constance Vigier réussit un livre dense et prenant, une manière de voyage dans la tourmente des êtres.

(Alexandre Fillon, Madame Figaro)

 

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La narratrice est une étudiante empêtrée dans une relation sentimentale sans grande valeur, persécutée par un voisin sri-lankais transi, et rongée par ses rencontres avec une mère dépressive. Elle peine à terminer sa thèse sur l’oeuvre du peintre Ostende, un misanthrope retiré du monde, dans la campagne normande, depuis un événement tragique qui l’a laissé sans force. Elle noue avec cet homme détruit une relation tendue et frustrante, jusqu’à ce qu’il meure brutalement. Elle va alors s’appliquer à découvrir tout ce qui peut l’être au sujet de cette vie laminée.

Extrait

Vous prendrez bien un chocolat chaud, sa bouche semblait bouger avec difficulté, à cause du froid, pensai-je pour me rassurer. Avec plaisir. La table de la cuisine était énorme, on aurait dit un animal trop fort pour tout, injustement condamné à l’immobilité. Beaucoup de couteaux avaient entamé sa surface noire et dure, et je regardais malgré moi les entailles, mes doigts les effleuraient sans cesse. Vous n’avez pas froid, demanda Ostende, et cela me fit frissonner, mais un instant seulement. Des assiettes ébréchées étaient accrochées par dizaines au mur d’en face, elles se touchaient presque et j’évitais de les regarder, il est trop grand pour cette pièce aussi, pensai-je en le voyant bouger. Les bols fumaient sur la table, ils étaient de la même couleur, bleus peut-être, la peau du lait se contractait autour des cuillères. Ça ne vous dégoûte pas au moins, il se pencha sur la table jusqu’à ce que nos yeux soient à la même hauteur. La peau. Non, répondis-je en soulevant légèrement la cuillère. Son manche était enveloppé dans la substance gluante d’où pendaient des fils à peine teintés de chocolat, et à partir de ce moment je ne dis plus rien.

La réconciliation

Paru en août 2008 aux Editions Joëlle Losfeld
France inter, La librairie francophone, 1er novembre 2008

Des blessures familiales, Anne-Constance Vigier a l’art de tirer des récits percutants et caustiques.

(Monique Petillon, Le Monde des livres)

Un humour inénarrable agite l’écriture de la Réconciliation, sans excès, sans aller jusqu’à la ratiocination des grands monologues obsessionnels.

(Claire Devarrieux, Libération)

Anne-Constance Vigier n’a besoin d’aucune comparaison pour imposer son talent, qui tient à cet art du ténu qu’elle maîtrise à la perfection.

(Raphaëlle Leyris, Les Inrockuptibles)

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Comment allons-nous faire, comment allons-nous supporter une chose pareille, se demande la narratrice, une traductrice quadragénaire, contrainte d’héberger son père le temps qu’il subisse des examens médicaux dans l’hôpital d’en face. Sans la présence rassurante de ses jumeaux adolescents, partis en vacances. C’est le début d’un huis clos où se ravive le souvenir des blessures laissées par ce tyran inflexible et péremptoire qui n’aura jamais fait régner que la terreur et se trouve maintenant affaibli par la peur de la mort. Et pourtant, mon père qui a tout fait pour m’empêcher de vivre n’y est peut-être pas tout à fait parvenu, pourra se dire cette femme une fois revenue à sa vie d’avant.

Extrait
(lu par Sophie Loubière dans sa regrettée émission Parking de nuit)
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