Les oranges

Voilà ce que j’aimerais faire, a affirmé un jour Ostende devant la table de cuisine de son ami Lucien, qui s’apprêtait à préparer le jus d’orange du matin. Des choses gaies, des couleurs gaies, loin de toute cette mélasse, de toute cette boue, de toutes ces cendres. Lucien s’est prudemment abstenu de répondre et s’est emparé d’une orange pour la couper en deux. Va t’asseoir, je m’occupe de tout, a-t-il dit à Ostende qui se rongeait un ongle sans paraître s’émouvoir du sang qui y perlait.