Le travail de transcription

Je n’avais dans ce domaine ni expérience, ni connaissance. J’ai demandé conseil, j’ai reçu des avis tranchés, des mises en garde et même quelques fins de non-recevoir. Finalement, j’ai décidé d’agir à ma guise. Voilà pourquoi le résultat n’est peut-être pas aussi rigoureux et scientifique que certains pouvaient l’espérer (bien qu’en fait, à cet égard, on peut craindre que personne n’ait jamais espéré quoi que ce soit). J’ai rencontré bien des difficultés ; certaines m’ont conduite à des parti-pris radicaux. Ainsi, comme tout journal non retravaillé, celui d’Ostende comportait un grand nombre de répétitions, que j’ai décidé de ne pas toutes transcrire, en tout cas pas de façon systématique.

Par ailleurs, certains passages m’ont semblé d’un intérêt moindre, ainsi, pour ne donner qu’un exemple, l’entrée du 23 février 1973, où Ostende reproduit plus de cent fois (à vue d’oeil) le mot canaille, semble-t-il au sujet de son marchand. On pourra parler de censure. Cela m’est égal. Je jugerai peut-être plus tard de l’opportunité de réintégrer ces passages dans le lit du journal.

Dans Le secret du peintre Ostende est évoquée « la taille démesurée de son écriture malade, ses caractères ailés comme des insectes brutalement interceptés par la feuille  » (p.21). Tout cela est vrai, et il n’a pas été simple de la déchiffrer. D’où des blancs (signalés par le sigle habituel …), ou, parfois, différentes versions d’une même page.

Les photographies qui apparaissent parfois sur le blog ont été introduites de ma propre initiative ; aucune d’entre elles n’a été prise par Ostende, qui, on ne sait pourquoi, nourrissait pour cet art une haine inversement proportionnelle à l’amour qu’il lui est tout même arrivé d’exprimer pour la peinture (bien que, sur ces points, on puisse encore recueillir aujourd’hui des avis tout à fait divergents). Si j’ai cédé à la tentation de publier ces images, c’est parce qu’elles me semblaient illustrer de près ou de loin la teneur (souvent rude ou mélancolique) des écrits d’Ostende.

Enfin, j’ai voulu mettre à la disposition des lecteurs les informations que j’ai pu collecter sur Ostende au fur et à mesure de mon travail de transcription. Ces notes sont bien sûr accessibles depuis les carnets eux-mêmes ; elles peuvent aussi être lues comme un portrait disparate, mais pas forcément infidèle.

Mais trop d’hypertexte ne risque-t-il pas de tuer le texte ? Il est peut-être temps de se contenter des mots d’Ostende.